Les femmes dans l'informatique : pionnières ou retardataires ?

Fatima Hamil, consultante en conduite du changement pour le groupe CSC (Computer Sciences Corporation)Elles forment 51% de la population française et pourtant, si l’on en croit la Dares, elles représentaient environ 20% des cadres en informatique en France en juillet 2002. Un progrès ? Pas vraiment : depuis 1992, l’effectif des femmes aux postes de plus haut niveau aurait même baissé de 4%. Explications.

Fatima Hamil est , diplômée de l’UTT, après avoir fait 2 années de prépa au Maroc. Pourtant, elle ne se destinait pas à une carrière dans l’informatique mais plutôt dans le dessin industriel. « Je suis passionnée par la mécanique et les mathématiques. C’est en utilisant des logiciels très performants que je me suis interrogée sur ceux qui les concevaient et que j’ai été tentée d’aller à leur rencontre ! »

Si selon elle, « les mathématiques permettent de modéliser des espaces », le monde de l’informatique est concret, créatif et parfaitement adapté aux femmes. Mieux : elle a trouvé une entreprise où elle travaille à égalité avec les hommes, tant sur le plan du salaire que sur celui de sa carrière. « Lorsque je cherchais un emploi, j’ai eu d’autres expériences moins heureuses, nuance-t-elle. Je me souviens de certains DRH me posant des questions relevant de ma vie privée. Je suis partie en leur demandant s’ils osaient interroger de la même façon les ingénieurs hommes !»

Priscillia Bigorgne, première Française à avoir obtenu la certification PHP

Son amie de promotion, Priscillia Bigorgne est un autre exemple de cette génération d’ingénieurs qui n’ont rien à envier aux hommes. Sa particularité ? Etre la première Française à avoir obtenu la certification PHP le 7 février 2006. « J'ai eu un « coup de cœur » pour PHP... Je peux l'expliquer par mes différentes expériences et par des comparaisons « concrètes » sur ce qu'apporte PHP, mais au-delà, il y a un attachement qui ne s'explique pas », raconte avec humour cette chef de projet et responsable du pôle compétences PHP au sein de la SSII Bysoft. « Nous sommes 10% de femmes dans l’entreprise et je ne sens aucune différence entre collègues masculins ou féminins dans notre quotidien. Par contre, en rendez-vous clientèle, j’essaye toujours d’avoir « le ton juste », d’être présentable sans trop en faire. Et il me faut parfois m’imposer, car il m’arrive encore de devoir préciser que je suis chef de projet et non pas assistante ou stagiaire !»

Les femmes sont en majorité chefs de projet ou développeurs

Entre 1992 et 2002, la féminisation des postes cadres a légèrement augmenté, passant de 36,4% à 39,6%. Une étude du WWWICT (Widening Women's Work in Information and Communication Technology) montre pourtant que si les femmes sont présentes dans tous les métiers de l'informatique, elles sont plus nombreuses sur les postes de chefs de projet, de développeurs, dans les métiers du multimédia et de l'Internet que dans les postes à responsabilité (2004). Toujours le fameux « plafond de verre », qui paraît si difficile à briser.

Anne Vaisbroit, déléguée aux affaires sociales du Syntec informatique, confirme la progression de la féminisation même s’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir. « Un plan d’attractivité est en cours d’élaboration », précise-t-elle.

Autre problème : l’égalité entre hommes et femmes dans les branches scientifiques n’est toujours pas acquise. Paradoxe : dès la maternelle, les filles réussissent mieux que les garçons. Et si 68,4% d'une génération de filles était titulaire du bac en 2005 (11,5% de plus que les garçons), 80% partent ensuite en filière littéraire. Enfin, si 43% des bacheliers scientifiques sont des femmes, elles ne sont plus que 23% des doctorants, 10 à 12% des diplômés de grandes écoles et 23% des diplômés ingénieurs.

Raisons invoquées : difficultés de concilier parfois carrière professionnelle et vie familiale, désertion inquiétante des filières scientifiques (où les femmes étaient déjà minoritaires) et surtout, persistance de stéréotypes sur la place des femmes et des hommes dans la société.
Pour fixer clairement la nécessité d'une modification des comportements, un objectif ambitieux a été donné à l’Education Nationale : la proportion de jeunes filles dans les classes terminales de séries scientifiques générales et technologiques doit augmenter de 20% avant 2010. A cette échéance, la proportion de filles dans ces classes doit atteindre 44,6%. En espérant que la parité et les salaires suivront, eux aussi, une courbe positive !


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