« Les stages sont nécessaires, car ils permettent de mieux appréhender le monde de l’entreprise. D’une manière tacite, celui de fin d’études peut même être considéré comme une pré-embauche. » Cette analyse d’un diplômé de l’Epita est partagée par bon nombre d’informaticiens en cours d’études. Pour l’avocat ou le journaliste, le professeur ou le magistrat, l’enseignement supérieur impose le stage, apothéose et sacre d’une scolarité achevée. Formateur ou non, il est toujours initiatique et souvent indispensable pour obtenir le sésame nommé diplôme ou emploi. Mais la multiplication des stages peut nuire à la crédibilité d’un candidat sur le marché du travail. Les informaticiens seraient-ils loin des revendications des stagiaires qui accumulent les expériences sans débouchés, souvent faiblement rémunérées ? Echapperaient-ils à cette précarité qui désespère tant de stagiaires ? En partie, car plus que dans les autres secteurs, le jeune informaticien a des chances de décrocher un véritable emploi après son stage.
Bien choisir son projet de stage et l’entreprise
« J’ai fait mon stage de fin d’année comme assistante chef de projet », indique une informaticienne, aujourd’hui consultante en conduite de changement. Le lien entre les deux ? L’entreprise dans laquelle elle a été embauchée, car cette ancienne de l’UTT (Université de Technologie de Troyes) avoue qu’elle « voulait faire autre chose que de la programmation ». Concernant son stage, elle indique : « J’étais juste assistante. Je prenais les rendez-vous, ce qui aurait pu être frustrant après cinq années d’études supérieures. Mais j’ai pu appréhender le métier de l’intérieur et apprécier cette structure. » Expérience inverse d’un diplômé de Supinfo : « J’ai tout de suite travaillé comme les autres informaticiens et comme tout se passait bien, on m’a proposé un emploi. Après mon diplôme, j’ai rejoint cette SSII. »
Les commandements du stage effiace
Pour que le stage soit profitable, il faut d’abord bien choisir son projet. Et se laisser le temps de voir si l’on est fait pour le métier envisagé : c’est justement lorsqu’on est en stage qu’on a le droit à « l’erreur ». Certes, la pré-embauche est dans l’esprit de tous, mais c’est surtout un réseau que le futur diplômé se crée, qui lui apportera des opportunités de carrières. Mieux vaut également se renseigner auprès des « anciens » de l’école, des autres stagiaires et des collègues, pour savoir si l’entreprise a l’habitude d’offrir des opportunités à ses stagiaires.
Faut-il privilégier le projet ou l’entreprise ? Il se murmure que certaines sociétés tourneraient presque exclusivement avec des stagiaires, mais permettraient à ces derniers de « rebondir » dans d’autres SSII prestigieuses. Si la réforme sur le dispositif des stages en entreprise, dans le cadre de la loi pour l’égalité des chances du 31 mars 2006, donne un cadre légal, aucun contrat n’oblige une entreprise à l’embauche ni au placement. A méditer donc, avant de suivre les conseils trop euphoriques ! |