En juin 2003, le marché de l’emploi dans l’informatique a touché le fond. Puis les annonces sont revenues, dès novembre 2004. Tous les chiffres concordent : ceux de l’Apec, de l’ANPE, du ministère du Travail et du Syntec. Si des nuances existent, les indicateurs reflètent tous la reprise de l’emploi dans l’informatique. L’Apec indique « + 52 % d’offres pour la fonction informatique en juillet 2005 en cumul sur 12 mois. » Sur lesjeudis.com, le phénomène est également perceptible : trois fois plus de CV consultés d’octobre 2004 à août 2005, 80 000 sur le seul mois d’août. Et depuis mars, le site recense + 3 000 offres mensuelles en moyenne, majoritairement des créations de postes. En effet, les recrutements se font sur des profils expérimentés, car les entreprises anticipent leurs besoins et recherchent des candidats opérationnels donc immédiatement rentables. Une réelle reprise donc, et non pas un remplacement des « papys-boomers »… nettement moins nombreux dans l’informatique que dans d’autres professions. Juillet 2005 : + 76 % d’offres en « direction informatique » (Apec)
L’Apec annonce + 19 % d’offres sur le marché des cadres cet été par rapport à l’année précédente. En juillet 2005 et avec cumul sur 12 mois glissants, elle note même une progression de 76 % des recrutements en directeurs informatiques ! En comparaison, les offres en direction industrielle diminuent de 3 %. Le détail des métiers « cadre informatique » montre une bonne santé générale : l’augmentation des offres cumulées sur un an atteint 57 % pour l’informatique de gestion et pour l’informatique industrielle. Bonnes performances également en exploitation et maintenance (+ 33 %) et en « systèmes, réseau, data » (+ 36 %). Au total, 47 748 postes dans l’informatique ont été proposés entre août 2004 et juillet 2005. « Je suis au chômage depuis janvier 2003, raconte Marc Dasser, spécialisé en système réseau. J’ai envoyé des centaines de CV. Rien. Et puis, en août, alors que ne m’y attendais pas, j’ai reçu des coups de fil de deux cabinets de recrutement. L’un a été suivi d’un entretien et on me propose un poste évolutif à Toulouse. Comme je suis Parisien, je réfléchis, mais si je refuse, je vais relancer les candidatures ! » Quelles compétences pour quels recruteurs ?
Cependant, des disparités existent. Les consultants SAP sont les plus recherchés. Ensuite viennent les candidats avec des compétences en Java/ J2EE et Unix/ Oracle. Les profils Dot Net sont également en forte progression. Les grands systèmes reviennent en grâce : certains recruteurs choisissent de former des jeunes scientifiques dans cette branche. A noter : 70 % des recruteurs sont les SSII. Autre bonne nouvelle pour les diplômés, le domaine « recherche et développement » progresse de 31 % d’août 2004 à juillet 2005 par rapport à la période précédente (Apec). Quant à ceux qui sortent de l’école, ils peuvent aussi profiter de cette vague, comme le pense Sarah Guillaudeux, de l’association des anciens de l’ENSI Caen : « 1 925 offres d’emplois avaient été proposées aux élèves en 2001, 1 300 en 2002 puis 2 290 en 2004. » En août 2005, l’école avait déjà reçu 1 587 offres (1 367 en août en 2004), dont 900 destinées aux candidats de moins de cinq ans d’expérience. Mais il faudra attendre confirmation de cette reprise. Depuis la crise, l’informatique était exsangue. Il est donc possible que les chiffres ne reflètent qu’un réajustement technique, malgré une baisse réelle du chômage : selon le ministère du Travail, ils sont 36 297 demandeurs d’emploi (« professionnels en informatique ») en juin 2005, contre 43 629 fin 2004 et 48 408 fin 2003 (soit - 25 % sur deux ans). L’Apec note : « Toutes les offres d’emploi ne se concrétisent pas par une embauche. Sur 2004, six offres sur dix ont donné lieu à un recrutement trois à six mois après la diffusion de l’offre. A court terme, la progression du marché des offres d’emploi cadre devrait se poursuivre à un rythme quelque peu ralenti, et le troisième trimestre 2005 devrait enregistrer une hausse d’environ 20 %. » Espérons donc qu’en dépit de la morosité économique, toutes les initiatives iront dans le sens d’une reprise contagieuse, afin que la bataille de l’emploi puisse être gagnée. |