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Retour à la rubrique : Les Jeudis Mag' | Actualités

LA MALADIE NON PROFESSIONNELLE


Mots clés : droit travail, maladie professionnelle

Publié le 14/11/2007 16:39:47 © Copyright LesJeudis
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Quelles sont les obligations du salarié ?
Le salarié en arrêt maladie doit se soumettre à un certains nombre d'obligations :

· Informer l'employeur dans les plus brefs délais de son absence et de la durée de celle-ci. L'information peut s’effectuer avant le départ de l’entreprise si le salarié tombe malade durant la journée de travail ou après, par téléphone ou par écrit.

· Délivrer un certificat médical dans le délai fixé dans la convention collective.
En l'absence de disposition conventionnelle, on applique le délai de 48 heures issue de la loi sur la mensualisation. Toute prolongation de l'arrêt maladie doit elle aussi donner lieu à la délivrance d'un certificat médicale.

· Respecter les heures de sorties mentionnées sur l’arrêt de travail. En principe, les heures de sortie autorisées sont de 10 heures à 12 heures et de 16 heures à 18 heures. Si le salarié absent de son domicile lors d’un contrôle effectué en dehors de ces heures de sortie autorisées peut être privé de tout ou partie de ses indemnités journalières.

· Se soumettre à la contre-visite médicale éventuellement organisée par l'employeur si le salarié perçoit des indemnités complémentaires de sa part.

· Interdiction de travailler durant l'arrêt de travail, même de manière exceptionnelle ou pour son propre compte.

· Reprendre son travail à la date prévue par l’arrêt de travail.

· Se soumettre à la visite médicale de reprise éventuellement organisée par l’employeur.

Quelles sont les obligations de l’employeur ?
L’employeur doit organiser, au plus tard dans un délai de 8 jours suivant la reprise, une visite médicale de reprise si le salarié a été absent au moins 21 jours ou si ses absences sont fréquentes et répétées. Cette visite, effectuée par le médecin du travail, permet de vérifier l'aptitude du salarié à reprendre le travail.

L’employeur n'a pas la possibilité de contester l’avis émis par le médecin du travail.
Il peut juste contester les éventuelles mesures de reclassement préconisées devant l’inspecteur du travail.

Par ailleurs, l’employeur doit envoyer à la CPAM une attestation de reprise du travail contenant les informations nécessaires au calcul des indemnités journalières versée par la Sécurité sociale au salarié. Cet envoi doit être adressé soit :
- lors de la reprise du travail si l’arrêt de maladie est inférieur ou égal à 15 jours ;

- lors de la prolongation de la maladie ;

- tous les 15 jours si l’arrêt de travail est supérieur à 15 jours.

Quelle est l'indemnisation versée par la Sécurité sociale ?
Passé un délai de carence de trois jours, la CPAM verse au salarié des indemnités journalières Ces indemnités ne sont donc versées qu’à partir du 4ème jour d’arrêt de travail.

Le montant de l'indemnité journalière est égal :
- à 50% du gain journalier de base pendant les six premiers mois, dans la limite de 1/720ème du plafond annuel de Sécurité sociale;

- et dès le 1er jour du 7ème mois d'indemnisation ininterrompue, à 51,49% du gain journalier de base, dans la limite de 1/720ème du plafond annuel de Sécurité sociale.

Par ailleurs, cette indemnité journalière est majorée dès le 31ème jour d’arrêt de travail si le salarié a trois enfants à charge. Dans ce cas, l'indemnité journalière est donc égale à :

- 2/3 du gain journalier de base, dans la limite de 1/540ème du plafond annuel de Sécurité sociale ;

- et dès le 1er jour du 7ème mois d'indemnisation ininterrompue à 68,66% du gain journalier de base, dans la limite de 1/525ème du plafond annuel de Sécurité sociale.

Par ailleurs, si l’arrêt de travail est supérieur à trois mois, l’indemnité journalière est revalorisée dès lors qu'une augmentation générale des salaires intervient postérieurement à l'arrêt de travail. Cette augmentation n'est pas systématique, pour en bénéficier, l'assuré doit en faire la demande.

A noter : Le plafond annuel de Sécurité sociale est fixé à 28 224 € pour 2002.

Le gain journalier de base est égal au salaire moyen journalier du salarié. Si le salarié est mensualisé, il est nécessaire de prendre en compte les salaires de ces trois derniers mois précédant l’arrêt de travail (dans la limite du plafond de Sécurité sociale, soit 2352 €/mois). Dès lors, son gain journalier de base est égal à : Cumul des trois derniers mois de salaires / 90.

En revanche, si la rémunération du salarié est versée selon une autre périodicité, le calcul de son gain journalier de base est différent. Par exemple, si le salarié travaille de manière saisonnière, le gain journalier de base est égal à : cumul des ces 12 derniers mois de salaires (dans la limite du plafond de Sécurité sociale) / 360.

Le salarié perçoit-il une indemnisation complémentaire de l'employeur ?
Le salarié peut, sous certaines conditions, bénéficier d'une indemnisation complémentaires versée par l'employeur. Ces conditions sont celles définies par la loi sur la mensualisation du 19 janvier 1978. Toutefois, si la convention collective applicable dans l’entreprise prévoit des dispositions plus avantageuses pour le salarié, celles-ci doivent s'appliquer.

Pour bénéficier de l'indemnisation complémentaire prévue par la loi sur la mensualisation, le salarié doit justifier de trois ans minimum d'ancienneté au premier jour de l’absence.

L'indemnité complémentaire n'intervient qu’à compter du 11ème jour de l’absence.
Dès lors, l'employeur ne doit verser aucune indemnité complémentaire si l'absence du salarié dure moins de 11 jours, sauf disposition conventionnelle plus favorable.

Le montant de l’indemnité complémentaire est égal à :
- pendant les 30 premiers jours calendaires de l'absence : 90% du salaire brut que le salarié aurait perçu s’il avait continuer à travailler (ce pourcentage comprend les indemnités journalières versées par la Sécurité sociale) ;

- et pendant les 30 jours suivants : 66,66% de ce même salaire.

Par ailleurs, la durée du versement de cette indemnité complémentaire est augmentée de 10 jours par tranche de 5 ans d’ancienneté, dans la limite de 90 jours.

Tableau récapitulatif de la durée du versement de l'indemnisation complémentaire :

Ancienneté du salarié90% du salaire brut66,66% du salaire brut
de 3 à 8 ans30 jours30 jours
de 8 à 13 ans40 jours40 jours
de 13 à 18 ans50 jours50 jours
de 18 à 23 ans60 jours60 jours
de 23 à 28 ans70 jours70 jours
de 28 ans à 33 ans80 jours80 jours
Dès 33 ans90 jours (maximum)90 jours (maximum)


Toutefois, la durée de versement de l’indemnisation complémentaire est également plafonnée par période de douze mois. En effet, le salarié ne peut pas percevoir, par période de douze mois, pour des arrêts de travail différents, un nombre de jours indemnisés supérieur au nombre de jours auxquels il a droit compte tenu de son ancienneté. Le point de départ de ce décompte est le premier jour du nouvel arrêt de travail et non le premier jour de l’indemnisation.
Par exemple, si un salarié qui a 10 ans d’ancienneté est absent du 1er juin au 29 juin 2002 inclus et que, au cours des douze mois précédent le 1er juin, il a déjà perçu 35 jours d’indemnités complémentaires à 90%, il n’aura droit qu’à 5 jours à 90%, les autres jours d'absence n'étant indemnisés qu'à 66,66% (dans la limite de 40 jours).

A savoir : Dès lors que l'employeur verse des indemnités complémentaires, il a la possibilité d'organiser une contre-visite médicale. Si lors de cette contre-visite, le médecin estime que l'arrêt n'est pas justifié, l’employeur a la possibilité de suspendre le versement de ces indemnités complémentaires. IL en est de même si le salarié est absent lors de cette visite ou encore s'il refuse de s'y soumettre.

Quels sont les effets de la maladie non professionnelle sur le contrat
de travail ?
En principe, la maladie (si le salarié respecte toutes ses obligations) entraîne une simple suspension du contrat de travail. Dès lors, à l’issue de l’arrêt maladie, l’employeur doit réintégrer le salarié à son poste de travail. A défaut, l’employeur peut être sanctionné pour avoir effectué un licenciement abusif.

A noter : Toutefois, si les absences prolongées ou répétées du salarié désorganisent la bonne marche de l'entreprise et rendent nécessaire le remplacement définitif du salarié malade, l'employeur peut licencier le salarié.

Cas particuliers :
Les effets de la maladie sur la période d’essai : la durée de la période d'essai est prolongée de la durée de la maladie.

Les effets de la maladie sur les congés payés : en principe, l’arrêt maladie n’est pas assimilé à du temps de travail effectif pour le calcul de la durée des congés payés. Ces derniers sont donc proportionnellement réduit. Toutefois, de nombreuses conventions collectives assimilent les périodes d’arrêt maladie à du temps de travail effectif.

Les effets de la maladie sur la prise des congés payés : si la maladie survient pendant les congés payés, l’employeur n’est pas tenu d’accorder au salarié, après la guérison, le reliquat de congé correspondant à la durée de l’arrêt maladie, sauf disposition conventionnelle plus favorable. En revanche, si la maladie survient avant le départ en congés payés, l’employeur doit accorder au salarié ses congés payés après la guérison.

Les effets de la maladie sur l’ancienneté : l’arrêt maladie n’est pas prise en compte pour calculer l’ancienneté du salarié dans l’entreprise, sauf disposition conventionnelle plus favorable.

Les effets de la maladie sur le préavis : la durée de l’arrêt de travail n’a aucun effet sur la durée du préavis. Ce dernier prend fin au terme initialement fixé.

L'employeur peut-il rompre le contrat de travail du salarié malade ?

En principe, il est interdit à l’employeur de licencier un salarié en raison de son état de santé ou de son handicap, sauf en cas d'inaptitude dûment constatée par le médecin du travail.

Toutefois, les conséquences de la maladie peuvent, par exception, constituer une cause réelle et sérieuse de licenciement. Il en est notamment ainsi lorsque les absences répétées ou prolongées du salarié perturbent ou désorganisent la bonne marche de l’entreprise et rendent indispensable le remplacement définitif du salarié malade.
En revanche, si le contrat de travail du salarié malade comporte une clause de garantie d’emploi, l’employeur ne peut en aucun cas le licencier !

Attention : Pour que le licenciement soit justifié, le remplacement du salarié doit être effectif et intervenir dans un délai raisonnable. Dès lors, si l’employeur fait appel à un intérimaire ou à un salarié en CDD, le licenciement du salarié malade n'est pas justifié.

Référence juridique : Les plupart des règles sont issues de la jurisprudence.

Lesjeudis.com



Commentaires


16/10/2008 22:30:39 - patricia
J'ai été en arret maladie du 27 aout 2007 au 28 septembre 2008. Ma société a fermé fin juillet. Combien de temps je peux continuer a percevoir mes indemnités complémentaires en sachant que je suis inscrite au chomage depuis fin septembre 2008

merci pour votre aide
et merci pour les explications de l'article

08/10/2008 14:43:30 - paul
Bravo pour votre article. La seule chose que je voudrais savoir : sur quels articles de loi ou jurisprudence vous appuyer vous pour dire : "Toutefois, la durée de versement de l’indemnisation complémentaire est également plafonnée par période de douze mois. En effet, le salarié ne peut pas percevoir, par période de douze mois, pour des arrêts de travail différents, un nombre de jours indemnisés supérieur au nombre de jours auxquels il a droit compte tenu de son ancienneté. Le point de départ de ce décompte est le premier jour du nouvel arrêt de travail et non le premier jour de l’indemnisation"
Merci

27/07/2008 13:02:20 - zoe
bonjour,

j' ai été hospitalisée en urgence au cours de ma 1ere semaine de congés
mon employeur ne veut rien entendre: pas de report des congés, alors qu' a l' évidence mon problème de santé n'est pas apparu en 4 jours...
comment puis je faire?
merci de vos conseils

09/04/2008 12:58:06 - sandra
je suis en arrêt maladie depuis le 21 mai 2007.je n'ai pas put prendre mes congés acquis pour cette année.
Est ce que mes congés acquis en 2OO7 vont mettre accordés a mon retour de maladie (septembre 2008) ou seront ils perdu? .

merci de votre réponse

13/03/2008 12:45:11 - mathilde
Bonjour,

Je suis en conge parental (3ans), je doit reprendre le travail le 20/03. Enceinte de 5 mois je vé être arreté (sans avoir repris le travail). Je souhaite savoir si j'aurai le droit à des indemnités journalieres jusqu'à mon conge parental qui débute le 4 juin. (j'ai une ancienete de 6 ans et demi dans la societe)
Merci d'avance

06/02/2008 19:35:21 - CLL
Non! Le CDD prendra fin à son terme initialement prévu.

12/01/2008 10:05:55 - celine
je suis en cdd de 6 mois dans une entreprise de 3 salaries je suis en arret maladie depuis 1 mois
est ce que mon contrat va se prolonger d'autant ou est ce que cela ne change rien

merci de votre reponse

celine

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