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L'IMPACT DU DIF DANS LES SSII


Mots clés : Formation, DIF, CDI

Publié le 15/11/2005 14:44:30 © Copyright LesJeudis
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L'impact du DIF dans les SSIILe DIF (droit individuel à la formation) est inscrit dans la loi du 4 mai 2004 relative à la formation professionnelle tout au long de la vie. Dix-huit mois après, et alors que l’employeur aura obligation à partir du 1er janvier 2006 d’indiquer les heures cumulées pour le DIF sur chaque bulletin de salaire, un premier bilan mitigé peut être tiré.

 

Le DIF est reconnu à tout salarié en CDI disposant d’au moins un an d’ancienneté dans l’entreprise, quelle que soit la taille de sa structure. En sont exclus les salariés en contrat d’apprentissage ou d’alternance et les CES. Il s’élève à 20 heures par an – au prorata temporis pour les salariés en temps partiel et pour les CDD, si le salarié bénéficie de 4 mois d’ancienneté, consécutifs ou non, sur 12 mois dans l’entreprise. Les droits acquis sont cumulés sur 6 ans au maximum, soit 120 heures au total.

La mise en œuvre du DIF relève de l’initiative du salarié : la formation envisagée doit être demandée par écrit. L’employeur a un mois pour lui répondre. S’il ne le fait pas, le législateur considère que la demande est acceptée. Le choix de la formation peut prendre en compte les priorités négociées par les partenaires sociaux ou porter sur des actions de promotion, de qualification, d’acquisition, d’entretien ou de perfectionnement des connaissances. Dernier point : la formation se fait en principe en dehors du temps de travail, l’employeur versant au salarié une allocation de formation.

Le DIF : évolution ou leurre ?

« C'est une véritable avancée sociale, estime Alain Benard, chef de projet dans l'informatique chez Sogeti Transiciel. Le fait d'obliger l'entreprise à former ses salariés, et à indiquer le nombre d'heures de formation sur chaque bulletin de salaire au 1er janvier 2006, est une excellente chose. Mais ne nous leurrons pas : 20 heures annuelles, c'est très peu. Et quelles sont les sanctions encourues par les entreprises qui n'indiqueront pas ce droit à leurs salariés ? »

De son côté, Arthur Olivier est plus dubitatif. Cet ingénieur informatique spécialisé dans les bases de données travaille actuellement dans une grande SSII parisienne. « On essaye de nous faire croire que la formation va être possible. Très bien, mais 20 heures par an, qu'est-ce que ça représente ? J'ai fait des formations de trois semaines sur certains logiciels, DB2 ou Ideal Langage. Avec le DIF, je ne le pourrais plus. »

Son expérience l'incite à la prudence : « Au début, quand j'étais en régie, on m'envoyait chez des clients et je devais me former avec les personnes expérimentées à mes côtés. J'ai pu faire certaines formations grâce aux clients qui le demandaient à la SSII dont j’étais salarié. C'est souvent la même situation en forfait : le jeune doit se former sur le tas. Les SSII voient à court terme. Pour elles, la formation, c’est de l'argent perdu ! Je pense que le DIF ne changera rien à ces méthodes, sauf s'il existe une contrainte financière », conclut-il.


Des incohérences et pas encore de jurisprudence

Le DIF montre d’ores et déjà ses limites. Pour les salariés licenciés (sauf faute grave ou lourde), le DIF est en principe transférable… mais le nouvel employeur n’est pas forcé d’en tenir compte. Aucune contrainte en ce sens. Or, dans les SSII « consommatrices de main d’œuvre », le turn over est très important.

Les salariés doivent donc veiller à prendre leur DIF avant de quitter l’entreprise : cette demande qui leur incombe doit être faite selon les règles pendant le préavis. Ils doivent aussi (car le droit n’est pas automatique !) demander le bénéfice d’une action de bilan de compétences, de VAE (validation des acquis d’expérience) ou de formation avant la fin de leur préavis. Il en est de même en cas de démission. Et l’employeur doit verser à l’organisme collecteur le montant de l’allocation de formation correspondant aux heures de DIF acquises et non utilisées.

Et si celui-ci refuse ? Ce droit est trop récent : il n’existe pas encore de jurisprudence de salariés ayant attaqué leur employeur aux Prud’hommes pour manquement aux règles du DIF. Plus ennuyeux : les organismes de formation contactés ne voient pas de nouveaux arrivants bénéficiant du DIF. Des informaticiens en SSII et en intercontrat, donc ayant du temps, se plaignent déjà que des formations leur soient refusées. Il paraît malheureusement probable que sans sanction prévue, des employeurs s’engouffrent dans ces failles. Alors pour faire respecter ce nouveau droit, une seule règle : s’informer.

 

Les Jeudis



Commentaires


18/09/2007 15:45:49 - gwen
Votre article est bien fait.
Petite critique néanmoins sur le passage suivant :

"Dernier point : la formation se fait en principe en dehors du temps de travail, l'employeur versant au salarié une allocation de formation."

C'est inexact.

En effet, d'après l'ACCORD NATIONAL DU 27 DECEMBRE 2004 SUR LA FORMATION PROFESSIONNELLE (accord Syntec) :

"Selon les termes de l'article L.933-3 du code du travail, les actions de formation réalisées au titre du DIF se déroulent hors temps de travail.
Cependant, le DIF pourra être utilisé en tout ou partie sur le temps de travail.
Lorsque le DIF est utilisé pour réaliser des actions prévues au plan de formation, elles se déroulent :
- obligatoirement pendant le temps de travail, pour des actions d'adaptation au poste de travail.
- éventuellement pendant le temps de travail, pour les actions de formation inscrites au plan de formation et éligibles au DIF concernant le maintien dans l'emploi ou le développement des compétences
- ou éventuellement, hors temps de travail dans la limite, par année civile et par salarié, de 50 ou 80 heures, pour les actions de formation inscrites au plan de formation et éligibles au DIF concernant le maintien dans l'emploi ou le développement des compétences.

Lorsque le DIF est utilisé pour des actions de formation hors plan de formation, il pourra se dérouler en tout ou partie sur le temps de travail, par accord individuel entre le salarié et l'employeur ou par accord d'entreprise, conclu selon les termes de la loi du 4 mai 2004 relatifs au dialogue social, et qui peut prévoir des modalités particulières de mise en oeuvre du DIF, sous réserve que le cumul des droits ouverts soit au minimum égal à une durée de 120 heures sur six ans."

A noter également, toujours d'après le même accord :

"L'année 2004 constituera une année transitoire : les salariés présents, en contrat à durée indéterminée et à temps plein du 7 mai 2004 au 31 décembre 2004, bénéficieront d'un droit de 14 heures de DIF".

18/09/2007 15:45:17 - Lesjeudis.com
Lesjeudis.com a souhaité apporté une réponse à la réaction ci-dessus.

- l'employeur a le droit de refuser une demande de DIF, ce n'est nullement contestable, pendant le contrat, ou en cas de démission.

L'article est clair là-dessus.

- en revanche, en cas de licenciement, il ne peut refuser de verser à l'organisme de formation l'allocation formation correspondant aux droits DIF du collaborateur, si le collaborateur le demande pendant son préavis.

L'article dit la même chose. C'est même très clair. Cf 3e partie.

- le DIF peut très bien se suivre sur le temps de travail si le salarié et l'employeur sont d'accord,

Faux. La loi indique : « Une convention ou un accord collectif de branche ou d'entreprise peut prévoir que le droit individuel à la formation s'exerce en partie pendant le temps de travail. A défaut d'un tel accord, les actions de formation se déroulent en dehors du temps de travail. » L'article dit : "En principe, la formation se fait en dehors du temps de travail."

- le DIF ne va pas réduire le volume de formations suivies, au contraire !

Les deux interlocuteurs interrogés dans l'article pensent que le DIF ne va pas augmenter les formations. D'autres organismes interrogés à l'occasion de cet article vont dans le même sens. En même temps, l'article pondère en indiquant qu'il est un peu tôt pour faire un premier bilan.

- Avant de faire ce genre d'articles, vs devriez vous renseigner auprès du syndicat de branche, en l'occurrence le Syntec pour les SSII.

Peut-être cette réaction vient-elle justement du Syntec ???

18/09/2007 15:44:49 - Jean-André
Bon sujet mais beaucoup d'erreurs :
- l'employeur a le droit de refuser une demande de DIF, ce n'est nullement contestable, pendant le contrat, ou en cas de demission
- en revanche, en cas de licenciement, il ne peut refuser de verser à l'organisme de formation l'allocation formation correspondant aux droit DIF du collaborateur, si le collaborateur le demande pendant son préavis.
- le DIF peut tres bien se suivre sur le temps de travail si le salarié et l'employeur sont d'accord
- le DIF ne va pas reduire le volume de formation suivies, au contraire !
etc etc.
avant de faire ce genre d'articles, vs devriez vous renseigner auprès du syndicat de branche, en l'occurence le Syntec pour les SSII.

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