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Retour à la rubrique : Les Jeudis Mag' | Actualités

LES SENIORS SUR LA TOUCHE : QUEL GÂCHIS !


Mots clés : seniors, mainframe, discrimination, recrutement

Publié le 13/08/2007 14:35:29 © Copyright LesJeudis
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Les seniors sont exclus du secteur de plus en plus jeunes. Trop chers, incompétents en nouvelles technologies … les prétextes sont nombreux. Pourtant, les besoins en compétences mainframe ne tarissent pas !
Pour certains, le terme constitue une distinction sinon honorifique, tout au moins synonyme de forte évolution de carrière et donc de rémunération. Qu’on soit consultant, chef de projet, développeur expert … l’ajout du terme « senior » est un véritable bonus, une récompense pour services rendus, une reconnaissance de compétences supérieures à la moyenne. Et souvent, s’accompagne d’une responsabilité managériale.

Mais pour la plupart, senior signifie tout simplement … chômeur. En particulier dans le secteur informatique et dans les SSII où les aléas de la conjoncture dessinent d’année en année les contours mouvants du marché de l’emploi. Si la tendance à exclure les plus âgés existe depuis bien longtemps dans le secteur, elle s’est nettement accentuée depuis le début du siècle : les années de crise ont fourni une belle occasion de se « débarrasser » des plus confirmés, sous prétexte de salaires élevés ou de compétences inadaptées à l’évolution des technologies.

Et pourtant : depuis deux ans, la reprise est bien là, les plans de recrutements ont repris de plus belle, et la bataille fait rage entre les SSII pour recruter les jeunes à peine sortis d’écoles. Des jeunes qui, dans le même temps, sont de moins en moins nombreux en raison de la désaffection des filières scientifiques.

Or force est de constater que cette très forte reprise laisse les seniors en marge du mouvement. Les raisons invoquées par les recruteurs – à voix basse bien sûr : trop chers et peu malléables … les stéréotypes ont la vie dure, ici comme ailleurs.

Un gâchis prodigieux : à 45 ans, Jacques a tout tenté pour sortir de l’ornière. Licencié économique d’une grande SSII en 2004, il passe près de deux ans en recherches infructueuses. Parmi ses spécialités, les SGBD – Oracle en particulier. En 2005, il se lance dans une formation de 3 mois sur les nouvelles technologies, J2EE précisément. A priori le choix semble bon : la technologie est en vogue, les compétences y sont encore rares … « Malgré une formation longue et d’excellente qualité, les employeurs n’ont pas suivi », raconte-t-il. « J'ai fait un effort en proposant de faire un stage conventionné gratuit pendant trois mois, ça n'a pas marché. Cette reconversion a été ratée. » Une histoire malheureusement trop courante …

« Les seniors sont discriminés car ils ne connaissent pas les nouvelles technologies », entend-on souvent dire par les recruteurs, en guise d’excuse. Certes l’arrivée massive des technologies objet a créé une véritable rupture de compétences. Mais ce n’est là qu’un facteur aggravant ou tout simplement un prétexte.

Car la véritable raison tient malheureusement en peu de mots : question de rentabilité. « Dans les années 80, on savait gérer les carrières. Aujourd’hui, les SSII subissent une forte pression sur les prix. Et se ruent donc sur les jeunes. Entrer dans une SSII à 35 ans, c’est irréaliste. Personne ne vous embauchera », constate un membre du Syntec Informatique. Un constat affligeant mais qui reporte la responsabilité finale sur … les clients.

Les clients, pour la plupart grands comptes dans les secteurs de la banque, de l’assurance, mais aussi opérateurs télécoms ou grandes entreprises de services en tous genres cherchent bien entendu à réduire leurs factures informatiques, en particulier depuis les passages à l’an 2000 et à l’euro qui leur ont coûté des fortunes.

Mais il ne faut pas oublier que le parcours de carrière du secteur a toujours consisté à entrer en SSII pour trouver, un jour, une « place en fixe » chez un client. Qui ensuite chouchoute ses informaticiens jusqu’à un âge avancé. Ce modèle serait-il révolu ? Pas de réponse claire du côté des grands clients qui dans leurs discours ménagent chèvre et choux. « Pour ma part, je me bats pour garder les seniors. Si mes seniors s’en vont, cela signifie que le modèle ne marche plus », répond courageusement Alexandra Girard, Responsable ressources humaines de Business et Décision.

Ou tout simplement l’âge du senior aurait-il baissé dramatiquement ? « En moyenne, on est senior entre 30 et 32 ans », indique encore Alexandra Girard. Un constat qui reflète la situation dans tout le secteur. Une simple lecture des offres d’emploi en dit long sur cet âge limite en baisse constante : « cherche développeur senior 3 ans d’expérience ». Petit calcul simple : il s’agit d’une personne de 25 à 27 ans environ. Et déjà senior ? Une aubaine pour l’avancement certes, mais après ?

Impossible de deviner ce qu’il adviendra de tous ces seniors de plus en plus jeunes dans les années à venir. Une chose est sûre : le secteur, une fois encore, confine à la schizophrénie. Car derrière les offres ronflantes et nombreuses de compétences en nouvelles technologies, se cachent des besoins de plus en plus criants en … anciennes technologies, que plus aucun jeune ne veut ni ne peut remplir. Et pour cause : rares sont aujourd’hui les écoles qui enseignent les technologies mainframe. Qui constituent toujours et quoiqu’on en dise 80% du parc informatique en France ! Cherchez l’erreur ?

Corinne Zerbib – www.jobetic.net

Les Jeudis



Commentaires


04/02/2008 17:08:14 - MARY Pierre-Luc
Bonjour,

il est amusant de constater que les métiers de l'informatique sont limités à une vision technologique. Il me semble qu'une technologie s'apprend beaucoup plus facilement qu'une méthodologie de travail. Pour ma part, la valeur d'un senior doit se juger et se justifier par l'expérience de ce dernier à coordonner des projets. Cette coordination s'appuie sur des juniors qui apportent effectivement leurs compétences technologiques. Force et de constater que les projets bloquent ou dérivent plus sur des problèmes d'organisation que sur des problèmes techniques. Je ne dis pas pour autant que tous les seniors ont cette capacité, car nous pourrions parler des bonnes et des mauvaises expériences. J'ai pu constater des seniors pratiquant des méthodes inefficientes et qui pourtant se vantaient de leurs longues années d'expériences.

04/02/2008 17:07:54 - Anonyme
Je travaille actuellement chez Alcatel Alenia Space devenu récement Thales Alenia Space. Les RH ont décidé de fixer la limite d'age à 30 Ans. (motif: pyramides des ages et réduction de la masse salariale)

Bien sur ce n'est pas écrit, mais c'est pourtant bien réel et tout à fait connu de l'ensemble du personnel.

J'ai un collègue de 31 ans qui à du jouer "l'imbécile" et mentir sur son age pour être embauché...

Et oui maintenant c'est à 30 ans qu'il faut prendre sa carte vermeille...

C'est scandaleux mais c'est vrai et on se sent bien impuissant face à ca!

ça fait rager surtout quand on entend ces abrutis de politique qui nous explique qu'il faut se remettre au travail.

04/02/2008 17:07:37 - Claire
Bonjour et merci à Corinne pour son article.

Moi aussi licenciée à 51 ans d'une SSII : plus de travail d'infogérance dans ma région. Depuis, je galère à faire des CDD et très peu d'intérim : pas trop parce que là aussi il y a du sectarisme "anti-vieux". N'étant qu'une petite informaticienne de base, je vais passer une certif Microsoft pour booster mon CV. Et bien que je sois passionnée par mon métier et qu'on a toujours reconnu mes compétences, cela va-t-il suffire ?

Les dirigeants quels qu'ils soient, DRH, responsables de services informatiques ou chefs de projet, nous stigmatisent sur notre soit-disant manque de réactivité alors que cela fait plus de 25 ans qu'il n'y a plus de formations en micro sous prétexte que la micro-informatique est à la portée de tout le monde et puis il faut apprendre à se faire sa petite veille techno tout seul pour être performant !

On ne veut pas de nous parce que nous voudrions des salaires intéressants : mais qui parmi vous n'a pas accepté des sous-missions (soumissions ?) galères payées au minimum pour pouvoir remettre un pied dans le travail ou améliorer ses Assedics ?

C'est de la pure hypocrisie. Je pense qu'en fait c'est cette fichue mode du jeunisme qui nous met à l'écart et puis le fait que les entreprises embauchent des financiers (jeunes, de préférence !) pour diriger des services spécialisés. Ces gestionnaires ont la trouille que des gens plus âgés et plus expérimentés risquent d'apporter la contradiction dans leur environnement.

Combien de fois avez-vous entendu cette phrase "vous comprenez, nos équipes sont très jeunes, vous ne vous sentirez pas à l'aise" ? Alors que vous avez décroché un rendez-vous et que sur votre CV vous n'avez ni photo ni mentionné votre âge, et pourtant, il est intéressant votre CV, puisque vous avez décroché cet entretien...

Ce qui me fait râler par dessus tout, c'est que nos dirigeants politique veulent nous faire bosser jusqu'à plus d'âge sans nous en donner les moyens, et ce n'est pas avec les contrats seniors que ça va bouger. En attendant, comptez vos abattis ou ce qu'il en reste pour calculer vos points de retraite en espérant que sur les 25 meilleures années de travail il y en ait quelques unes pas trop mal payées.

Allez, courage et ne lâchez rien !

04/02/2008 17:07:15 - Claire Marie
Je me retrouve bien dans l'exemple de Jacques dans l'article. Pour être au gout du jour, je viens de finir une formation continue de 5 mois en J2EE, JAVA, C Oracle etc... de très bonne qualité
d'ailleurs.

Mais cela ne donne ... rien.

Dois je refaire du Cobol ou quitter définitivement l'informatique.Saura-t-on un jour la vérité sur l'emploi des "séniors" dans l'informatique?

17/01/2008 19:37:33 - Georges
Je suis depuis peu un quinqua, j'ai bossé sur une multitude de systèmes (microcontrôleurs, DOS, Windows, PALMOS, UNIX). Développer une étude (hard & soft) de A à Z a été longtemps mon job. Je pête la forme, je cours mes 50 bornes par semaine. Et bien je galère pour trouver un boulot. Quand je vois le code de certains développeurs,illisible et inefficace, leurs fautes d'orthographe et leur façon de parler, je me dis qu'on devraient avoir nous les quinquas, de beaux jours devant nous !

27/08/2007 09:25:51 - Perez Christian (50 ans)
On est senior de plus en plus jeune. Aux US on est senior à partir de 25 ans. Comme dans le sport.
Tout est une question de langage.
A nous d'inviter les jeunes dans notre "bac à sable" et de rapprocher les générations.
Bonne journée.

27/08/2007 09:24:47 - BAILLY Jean-Noël
Bonjour, Pour 2004, on parlait de "papy-boom", je ne sais pas s'il s'est produit mais, de toute façon, je n'en ai pas récolté les fruits.
En effet, j'ai été licencié comme un malpropre d'une SSII parisienne en mars 2004, en m'étant fait avoir "proprement" par contre sur mes congés et ma période de préavis. Je suis passé indépendant presque tout de suite, j'ai effectué qqs missions sur Paris et la province, la dernière en mai 2005. Depuis, c'est la galère, mes indemnités sont interrompues depuis novembre dernier, je ne trouve tjrs pas de mission. Quelques touches mais pas de concrétisations. En cause, mon âge, 50ans, ma spécialité, DIGITAL, je dis bien DIGITAL openVMS, OS en perte de vitesse depuis le rachat de DIGITAL par Compaq puis par HP.
J'ai bien acquis des compétences projet, coaching, sur l'ordonnanceur ControlM, je suis certifié MCSE mais cela ne suffit pas. J'ai du vendre ma maison, je vis sur ces économies de 10 ans comme le font, j'en suis certain, bon nombre de seniors sur la touche, une masse considérable de compétences qui n'est plus utilisée, voire qui est méprisée alors que les entreprises petites ou grandes justement auraient tellement besoin de toutes ces expériences.
Quel gâchis ...

27/08/2007 09:23:37 -
En plus du gachis de compétences, c'est un gachis humain. La FIDES, Fédération Interrégionale pour le Développement de l'Emploi Senior, le dénonce et émet une vingtaine de propositions à destination des décideurs politiques et economiques dans son Livre "Le Blues de Quinquas" qui vient de paraitre.


MD
Administrateur Fides
Vice Président SeniorFlex

27/08/2007 09:18:23 - GAR Olivier
On oublie souvent une des causes principales de ce jeunisme : la protection de son poste.
Chez les clients il y a beaucoup de managers, responsables de service embauchés depuis 1999/2000 qui ont entre 40 et 50 ans aujourd'hui. Or ces décideurs ont tous connus les SSII dans leur carrières et ils savent pertinemment comment ca se passe actuellement sur le marché de l'emploi. ( et pour cause c'est eux qui mènent la danse avec leurs prestataires..)
Alors il faut bien imaginer qu'ils ne sont pas fous et qu'il est hors de question d'amener des loups dans la bergerie. Le but est de garder cout que cout leur place en fixe et donc de ne prendre aucuns risque de concurrence. Résultat : « il ne faut que des jeunes ! », pas chers, formés new technos et sans risques.
Apres les DRH n'y connaissant rien en informatique, elles prennent leur décision en fonction des choix de ces opérationnels. ( d'où le « n'a pas le profil » ou « techniquement c'est un peu juste » alors que les entretiens se sont très bien passé, c'est du vécu..)

27/08/2007 09:16:57 - Jeanghis
Bonjour,
j'ai 41 ans, un simple Bac+2, et je viens d'integrer une grosse SSII pour du developpement .Net. J'ai cherché pendant 2 mois mais j'ai refusé préalablement plusieurs autres offres fermes.

27/08/2007 09:15:55 - Serge Othon
Bonjour,
J'ai connu un peu le même dépit que Jacques : 1er licenciement en 02/1999 à 47 ans d'une usine pour cause de rachat et changement de technologie informatique (AS400 RPG BPCS -> Mfg Pro sous BD Progress).
J'ai intégré aussitôt une SSI diffusant BPCS ; licenciement au bout de 2 ans après le boom an 2000. Je suis une formation longue (1 an) orientée informatique industrielle, langages objet ; je cherche vainement un emploi pour utiliser ces nouvelles compétences malheureusement trop peu spécialisées (un vernis de bcp de choses (C, C++, VB6, java, HTML, javascript, automatismes, SADT, Windows NT, Unis-Linux, réseaux, ....) rien de maitrisé suffisament pour se "vendre"). Après 4 1/2 mois, en 06/2002, je suis embauché par une SSII pour une mission sur ... AS400 RPG : après 6 mois, période d'essai renouvellée, pas de nouvelle mission trouvée, je suis remercié. Le client était bien au courant de ma situation, et finalement au moment où la mission s'achevait, l'autorisation d'acheter un progiciel décisionnel lui ayant été accordée par le Groupe, le client m'a sollicité pour réaliser les interfaces avec l'AS400, mais sans embauche possible que soit CDI ou CDD.
Je choisis donc de devenir indépendant grâce au portage salarial ; cette mission réalisée, d'autres développements m'attendent chez ce même client (industrie) et me font travailler jusqu'en 11/2004. Malgré les contacts pris pendant ces 18 mois en indépendant, je peine à retrouver une mission ; mi-juin 2005, je fais une petite mission (3 semaines, tjs AS400 RPG). Depuis, les missions s'enchaînent plutôt bien, à l'exception de 9 semaines de creux en 2 périodes, au 4 trimestre 2006/ début 2007.
Quand je regarde les missions proposées sur différents sites pour indépendants, je crois que je serais plus sollicité encore si j'étais compétent sur SAP, Oracle.
Je pense qu'il faut conseiller aux gens qui ont les difficultés que rencontre Jacques, d'étudier cette voie de l'indépendance pour poursuivre leur activité professionnelle : évidemment, il faut être mobile pour avoir un marché suffisant : personnellement, je restreint ma mobilité à un rayon de 3 heures de chez moi et j'accepte de passer la semaine à l'hôtel ou en chambre d'hôte.

Cordialement,

27/08/2007 09:13:11 - Didier PIERRE
Merci Corinne Zerbib pour ton article.
Je suis un sénior de l'informatique (51 ans) rompu aux technos Mainframe qui fut contraint de se reconvertir. Je suis désormais dans la fonction publique depuis quatre ans. J'ai du repartir de zéro et regravir une à une les marches qui mènent à mon "métier" en étant passé par d'autres fonctions et surtout beaucoup de concessions. Aujourd'hui, je fais toujours de l'informatique mais en "toile de fond".
Actuellement, je suis en charge de la mise en place d'Harpège (gestion de personnel) sur une plate-forme UNix - Oracle. J'occupe un poste plus fonctionnel que développement. Il me faut attendre de réussir à d'autres concours qui me permettront, peut-être avant ma retraite, de refaire mon métier et qui sait, d'être à nouveau efficient sur de grands chantiers Mainframe.

Très cordialement,

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Rappelons que le Groupe Sogeti réunit plus de 18.000 collaborateurs dans le monde dont 10.000 en France.