Confronté à la réalité d’un chômage qui stagne à presque 9 % en France, en dépit de la sortie d’activité des personnes nées pendant le « baby boom », l’Etat tente de sortir de l’impasse. Dans le domaine de l’enseignement supérieur, le Pacte pour la Recherche a ainsi été mis en place en avril 2006, avec deux instruments principaux : 13 réseaux thématiques de recherche avancée (RTRA), et des pôles de recherche et d’enseignement supérieur (PRES). Leur finalité est de renforcer, dès 2007, la coopération entre les acteurs et l’attractivité du système français d’enseignement supérieur et de recherche. Ils vont dans le sens du rapport Hetzel, à la fois vers la professionnalisation des études universitaires et l'insertion des étudiants sur le marché du travail, sur le modèle des écoles d’ingénieurs.
Professionnaliser par la formation tout au long de la vie
Si les jeunes diplômés entrent souvent dans la vie active à l’issue d’un stage de 6 mois, certains professionnels de l’informatique perdent leur emploi ou ne parviennent plus à évoluer. Pour répondre à leurs besoins, l’Etat et les partenaires sociaux se sont impliqués dans la loi de modernisation sociale, en insistant sur les avantages des formations. Jusqu’alors, la lourdeur de leur mise en place, doublée de la réticence de nombreuses entreprises, pénalisait les plus motivés. Pour les informaticiens confrontés à un employeur rétif, le droit du travail a instauré le Cif (congé individuel de formation) et le Dif (droit individuel à la formation), qui peuvent s’accomplir dans le cadre de la formation continue, en centre ou à l’université. A côté de ces outils existent également des certifications. L’avantage est de valider une compétence concrète. « Mais tout dépend de la certification obtenue, indique Jean-Philippe, multicertifié et au chômage : certains recruteurs ne la reconnaissent pas ou lui préfèrent un diplôme ou l’expérience éprouvée sur un projet particulier.»
Les tribulations de la VAE
Dernier instrument de cette loi, la VAE (validation des acquis d’expérience). Choix personnel du candidat, elle relève souvent d’un véritable parcours du combattant... Depuis quelques mois, une réforme a été mise en œuvre pour faciliter le dépôt du dossier, simplifier les diplômes accessibles par ce biais et limiter les refus. Une véritable nécessité si l’on en croit les spécialistes : « La VAE prend difficilement dans le milieu informatique », constatait récemment Eddy Gaciot de GT'M Ingénierie, lors d’une rencontre organisée avec le Syntec Informatique et destinée aux entreprises sur le thème « Recruter et maintenir les compétences de vos informaticiens : quels dispositifs utiliser ? ». Depuis 2006, le CQP Are (certificat de qualification professionnelle administrateur de réseaux d'entreprises) existe. Conçu dans le cadre de la VAE, il a été obtenu par deux pionniers le 13 novembre 2006. Cette première devrait augurer d'autres CQP dans la branche informatique en 2007 : architecture technique, développement nouvelles technologies et administration de bases de données.
Contrats de professionnalisation et financements de formations préalables à l’embauche
Autre public souvent exclu de la formation : les informaticiens au chômage, qui seraient plus de 35 000. Désormais, le Garp/Assedic milite auprès des entreprises soucieuses de recruter du personnel compétent, mais frileuses quant à la mise en œuvre du dispositif. Les contrats de professionnalisation constituent une solution. Il en existe d’autres. « Vous désirez recruter un demandeur d’emploi qui bénéficie de l’Allocation d’Aide au Retour à l’Emploi ? L’Assédic peut financer une formation préalable à l’embauche, dans le cadre de la convention du 18 janvier 2006 », plaide Marc Carmignac de l’Unedic. L’objectif ? Que les entreprises indiquent combien de postes elles ouvrent. L’ANPE sélectionne les candidats, et l'Unedic aide au financement. A l’issue de leur formation, les informaticiens pourront être embauchés par les sociétés qui les recherchent. Avec Université.Net, Microsoft s’est investi dans cette opération et a inventé un modèle opérationnel. D’autres lui emboîtent le pas. Reste le plus dur : convaincre chômeurs et entreprises qu’ils peuvent aujourd’hui travailler ensemble… |