Nouveaux entrants sur le marché du travail, les « homo-zappiens » sont nés avec une télécommande à la main. Fans d’internet et de TIC, ils bouleversent les usages et le management dans les entreprises. Rencontre avec quelques spécimens présents aux Rencontres d’Autrans.
« Internet change le fonctionnement de la société. Chaque personne, entrepreneur et salarié, doit avoir assez d’espace de liberté pour développer ses propres idées, innover. Pour être sûr d’avoir cet espace de créativité, j’ai préféré créer ma propre entreprise. Je trouve l’essentiel des informations et des contacts dont j’ai besoin sur Internet…» Ces propos enthousiastes, tenus lors des dernières Rencontres d’Autrans, sont ceux de Gilbert Nzeka, un addict aux technos de 20 ans, encore étudiant à Ecole Centrale Electronique de Paris et déjà CEO de la start-up QuineBox Media. Ils résument l’état d’esprit de la nouvelle génération d’homo-zappiens dont quelques spécimens étaient invités à Autrans, en Isère, du 10 au 13 janvier.
Conviés également à ce « Davos de l’internet français », Mats Lindgren et Anna Geist de Kairos Future en ont profité pour présenter les résultats de leur enquête mondiale sur ces jeunes citoyens, consommateurs, employés de demain, cette génération Internet qu’ils nomment, eux, la génération MeWe (prononcez MiWi). Le Me passe par la réalisation de soi et le We se mesure au carnet d’adresses du téléphone mobile et de MSN. « Si l’on peut les qualifier d’individualistes, commente Mats Lindgren fondateur et PDG de Kairos Future, ils ne sont pas pour autant de purs égoïstes. Ils privilégient les amis et les solutions collectives ».
La génération Moi-Nous cherche à maximiser les opportunités. « Pour la jeune génération, la technologie est une histoire de gadgets servant à réunir leur tribu – en l’occurrence immense. Le travail et la consommation représentent à leurs yeux des plateformes pour leur propre réalisation », ajoute Anna Geist, responsable France de la société suédoise Kairos. Le secteur qui les attire le plus ? Les nouveaux médias du Web 2.0, où ils pourront, estiment-ils, une fois encore s’exprimer et se réaliser. Le savoir supérieur des aînés ne va plus de soi, la preuve : qui explique à la maison comment télécharger des fichiers MP3 ? Leurs rapports à l’autorité sont donc modifiés. Les Moi-Nous remettent en question les anciennes perceptions fondamentales du business aussi bien que de la communication institutionnelle et les politiques. Si ce portrait a fait sourire les jeunes gens présents, ils nous ont avoué s’y reconnaître pleinement.
Confiante en elle, la jeune génération veut être différente et faire la différence avec des amis. Elle a conscience de l’importance du réseautage et du web pour défendre des objectifs communs - comme la défense de l’environnement... Tous ne partagent pas la même idée de la réussite, si ce n’est celle de réalisation personnelle. Leur slogan : « Vous n’avez pas besoin d'être quelqu'un mais vous-même ». Finalement très pragmatique, la Génération TIC veut s’épanouir en choisissant ses favoris dans la vie comme sur l’espace virtuel de la Toile.
Alors simple évolution ou véritable révolution ?
Le passage à l'ère numérique s'avère aujourd'hui indispensable pour l'attractivité et la croissance des entreprises. Nul doute que le résultat sera gagnant-gagnant si recruteurs et jeunes diplômés parviennent à trouver un terrain d'entente sur l’importance et l’usage des NTIC. Les managers sont prévenus.