| Plus possible d'y échapper ! Depuis le 5 mai 2004, chaque salarié en France a le droit de bénéficier du DIF. Comprendre : le Droit Individuel à la Formation. Son intérêt ? Développer connaissances et savoir-faire pour le bénéfice d'un individu et, par-là même, celui de l'entreprise, qui y voit matière à augmenter le potentiel de ses ressources humaines. Et pourtant, le DIF a encore du mal à tenir sur ses deux jambes. C'est en tout cas ce que révèle une enquête* menée par l'organisme de formation Demos. Entre l'attentisme des entreprises et la frilosité des salariés, le DIF éprouve en effet quelques difficultés à s'affirmer. Seulement « un tiers des entreprises ont eu une démarche proactive en matière de DIF » ces trois dernières années assure l'enquête. « La majorité des entreprises a été plutôt attentiste se contentant d'appliquer la loi a minima. » En bref, beaucoup attendent que les salariés viennent à elles.
Des erreurs de jeunesse
Du côté des salariés, le constat n'est guère plus encourageant. Ils sollicitent encore peu leurs entreprises pour suivre une formation. Principale raison? Leur manque d'intérêt, d'après les entreprises qui ont répondu à l'enquête. Un manque d'intérêt certainement imputable au manque d'information diffusé par ces entreprises... Les trois-quarts d'entre elles n'ont d'ailleurs pas mis en place un catalogue des formations pouvant être suivies dans le cadre du DIF. Le DIF souffre d'un manque certain de maturité. A n'en pas douter, le faible engouement qu'il suscite, tant de la part des entreprises que des salariés, provient de son jeune âge. Le dispositif n'est pas encore entré dans les mœurs. Mais la situation pourrait prochainement évoluer. « S'il a débuté en douceur, le DIF devrait connaître une croissance significative dans la majorité des entreprises en 2007 », assure l'enquête. Et pour cause : le DIF donne sans conteste un nouveau souffle à la formation professionnelle et ouvre rapidement aux jeunes diplômés de nombreuses possibilités. DIF: mode d'emploi
D'une manière générale, le DIF s'applique à toute personne en CDI depuis au moins un an (4 mois pour les CDD). Principal atout de la loi : la garantie, pour chaque salarié, de pouvoir suivre au moins 20 heures de formation par an cumulables sur 6 ans (soit 120 heures pour un temps plein). Ce seuil est calculé au prorata du temps de travail pour les temps partiels. Si la loi fixe les modalités d'application générales, il faut toutefois se pencher sur chaque accord de branche pour en connaître précisément les règles du jeu. Dans certains secteurs professionnels, des accords peuvent faire monter le compteur à 24h/an . Un volume horaire important que RH et salariés doivent savoir gérer.
Pour un salarié, le DIF se fait sur ou hors du temps de travail, voire un peu des deux. S'il est réalisé hors, le salarié perçoit une rémunération complémentaire équivalente à 50% de son salaire. Les frais de formation et de transport sont toujours à la charge de l'employeur. En l'absence d'accord de branche, les heures de formation sont prises en dehors du temps de travail et rémunérées en conséquence. La bonne solution
Cas particulier : si la demande de DIF intervient lors d'une démission ou d'un licenciement - sauf faute grave ou lourde - l'action de formation peut porter vers un bilan de compétences ou une VAE (Validation des Acquis de l'Expérience) à réaliser pendant le préavis. Le DIF peut être transféré vers une autre société – si, une fois encore, les accords de branche le permettent.
Bref, si vous correspondez aux critères, vous avez votre destin en vos mains pour rester « up to date ». De nombreux organismes ont mis en place des formations adaptées aux demandes de DIF. Les plus prisées ? Les cours de langues étrangères, mais aussi de management, de développement personnel ou d'informatique. Enfin, les stages d'œnologie ne sont pas interdits… aux sommeliers ! Aussi, la formation ne doit-elle plus être vécue comme une punition mais une solution… A vous de choisir la bonne ! DIF : comment en bénéficier ?
A tout moment, le salarié peut demander à bénéficier de son droit individuel à la formation. Il doit en faire la demande écrite auprès de son employeur en justifiant de l'intérêt de sa démarche. Car le DIF, véritable choix personnel, se fait uniquement sur la demande du salarié. A condition qu'il réponde à des besoins bien définis.
L'employeur peut, dans un délai d'un mois, la refuser, jugeant cette formation peu en adéquation avec les nécessités de l'entreprise - mais qui ne dit mot consent. Toutefois, depuis le 1er janvier 2006, les salariés de plus de 50 ans voient leur demande automatiquement acceptée. Dans le cas d'un second refus de l'employeur, le salarié bénéficie d'une priorité au Congé Individuel de Formation. *Le DIF, 3 ans après, enquête réalisée d'août à novembre 2006 sur plus de 250 sociétés. |