| Christophe Berly est à la tête d'Ordissimo, « l'ordinateur le plus simple du monde ». Avec Alexandre Vieille, autre élève de l’ESC d'Angers, et Brice Delmotte, le technicien du groupe, ils ont découvert une chose très simple en observant leurs proches : l'ordinateur paraît souvent compliqué. Ils n'ont pas encore leur diplôme en poche quand, en 2002, ils montent leur petite entreprise sous forme de SARL et consacrent leur temps libre à gagner de l'argent en montant des sites Web. « Nous avons fait une étude de marché et vu que rien n'existait pour une population qui était rebutée par l'informatique, explique Christophe Berly. Brice Delmotte a monté le produit, une sorte de Linux simplifié. » La réussite est au rendez-vous : le produit sort début 2005 et 400 machines sont déjà vendues, « et 2000 d'ici à la fin de l'année. Les investisseurs sont venus grâce au bouche-à-oreille », souligne Christophe Berly. L'équipe, composée de douze personnes, table sur 15 000 ventes en 2006. A quand une déclinaison sur les marchés mondiaux pour poursuivre cette belle success story ?
« Mes clients m’ont demandé d’être free-lance »
Jean-Louis Bovi est ingénieur en informatique de gestion. Salarié de 1975 au 31 décembre 1987, indépendant depuis le 1er janvier 1988. « Mes clients me l’ont demandé alors que ma société allait disparaître, explique-t-il. Je n’ai pas hésité. Il n’y a pas eu d’interruption dans mon travail. » L’Urssaf lui indique rapidement les démarches à suivre (Siret, code NAF ou APE...). Jean-Louis Bovi prend aussi « un expert comptable et une association agréée de gestion. » Depuis dix-huit ans, il n’a jamais regretté ce choix malgré des périodes sans travail. « Je prévois, je gère, je suis rigoureux. Etre indépendant nécessite de la discipline, de l’abnégation et c’est un réseau à mettre en place. Mais quelle liberté ! » Reconnu sur son secteur, il est passé de 6 clients au départ à … 57. Du médical à la métallurgie en passant par la grande distribution. « Certains sont venus par l’association Free-lance en Europe et l’AII qui la précédait ; mes clients m’ont également recommandé. » Aujourd’hui, Jean-Louis Bovi est satisfait : aucune mission refusée et parfois même un partage des tâches avec d’autres free-lances comme lui !
« J’ai un client, la société de portage s’occupe de tout »
Joël Barthe a longtemps travaillé en entreprise, spécialité informatique technique. Il a passé quinze ans dans un grand groupe, qu’il quitte en 1999 pour rejoindre une structure plus légère, spécialisée en assistance à maîtrise d’œuvre. Brusquement, en 2002, la société déclare faillite. « Il fallait réagir vite, raconte Joël Barthe. Je pouvais reprendre certains marchés potentiels à mon compte. J’ai voulu travailler en indépendant en démarchant les chambres de commerce, mais c’était trop long pour un projet immédiat. » Résultat : Joël Barthe choisit « le meilleur compromis », le portage. Comment ça marche ? « Le consultant qui fait appel au portage trouve un client, qui devient notre client commun. Nous pouvons signer un contrat en 48 heureus si l’affaire nous paraît viable. Le consultant est en CDI avec nous après une période probatoire. Il bénéficie ainsi d’avantages qu’ont tous les salariés, comme la formation », explique Olivier Vigoureux, gérant de Portage Plus – 80 % d’informaticiens. Que le consultant ait un ou plusieurs clients, Portage Plus lui remet un unique bulletin de salaire à la fin de chaque mois. « Depuis trois ans, je suis en mission mono-client avec une société d’autoroute précise Joël Barthe. Mais c’est la société de portage qui gère tout l’aspect administratif. En contrepartie, elle prend un pourcentage sur mes prestations. J’ai une grande liberté avec le donneur d’ordres, je gère mes horaires. » Seul inconvénient : ce Lyonnais travaille à Cannes. « Professionnellement, j’ai évolué car je pilote des projets pluridisciplinaires en tant que conducteur d’opération délégué pour un maître d’ouvrage. Je n’aurais jamais obtenu une mission pareille en restant bien au chaud dans une société, et à mon âge, peut-être aussi aurais-je été écarté », résume Joël Barthe, qui avoue ne pas craindre de perdre son client. « Mon CV est meilleur qu’il y a trois ans, le risque a été de franchir l’étape du portage, mais maintenant pour rien au monde je ne retournerai en entreprise », conclut-il.
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