Titulaire d’un diplôme d’ingénieur de l’Institut Supérieur d’Électronique et du Numérique de Toulon, Laurent Sicard a choisi de vivre une expérience personnelle et professionnelle à l’étranger. Dès 2001, il met le cap sur Montréal afin d’achever sa formation d’ingénieur à l’ETS (École de Technologie Supérieure). Là-bas, il décroche un stage de six mois comme administrateur réseau chez Sectoral Asset Management Inc, une société de gestion financière spécialisée en investissement dans des entreprises dédiées dans le domaine de la santé. Après un bref retour en France et six mois d’activité en SSII, Laurent Sicard est finalement rappelé par Sectoral Asset Management où il accepte un poste de Network Analyst. (Administration système et réseaux et maintenance du business continuity plan ). Quatre ans plus tard, cette même société lui donne l’opportunité d’évoluer et le nomme IT Manager (Responsable du Système Informatique), un poste qu’il occupe encore actuellement. Lesjeudis.com : Votre diplôme de l’ISEN n’était pas spécialement orienté vers le domaine de la finance et vous avez commencé dans les réseaux pour finir aujourd’hui IT Manager dans une entreprise spécialisée dans ce secteur très pointu. Comment en êtes-vous arrivé là ? Laurent Sicard : Il faut savoir qu’au Canada et plus généralement en Amérique du Nord, les recrutements sont beaucoup plus basés sur les compétences et les savoir-faire que sur les diplômes. J’ai débuté sur un poste de technicien réseaux, qui correspondait à ma formation initiale, pour petit à petit me rapprocher de la finance de marché que j’ai finalement appris « sur le tas » ! En tant qu’analyste réseau j’ai pu me familiariser avec les métiers de la finance avant d’être aujourd’hui l’interface entre les aspects métiers et les fournisseurs de technologies. De fait, je devais comprendre les processus et les besoins métiers des utilisateurs (gestionnaires, opérateurs, traders). J’ai donc intégré tous les aspects de la finance IT jusqu’à maitriser aussi bien les concepts de trading au niveau applicatif tels que les OMS (SS&C Suite Model & Trade, LongView Trading System), les EMS (Liquinet, Instinet, Bloomberg TradeBook) ou les accounting systems (SS&C Pacer) que les protocoles de communication comme Swift, SSCNet ou Fix. Lesjeudis.com : Jusqu’à aujourd’hui, vous avez réalisé quasiment l’intégralité de votre carrière au Canada. Pourquoi ce choix ? Vous n’êtes pas satisfait du système français ? Laurent Sicard : Je pense que lorsque l’on est étudiant ou jeune diplômé on est (à juste titre) persuadé qu’une expérience à l’étranger est un plus pour son CV. C’est pourquoi j’ai toujours eu l’ambition d’aller travailler un temps ailleurs qu’en France. Mon expérience en SSII à mon retour en France ne m’a pas forcément déplu mais j’ai tout de même décidé de revenir chez Sectoral Asset Management à Montréal car l’entreprise d’une taille plus modeste, semblait pouvoir m’offrir plus de perspectives d’évolution et de défis à relever. En fait, au Canada, nous traitons chaque jour avec des clients et institutions basés aux Etats-Unis. Lesjeudis.com : Et au niveau salaire, pensez-vous être mieux payé qu’en France ? Laurent Sicard : Il me semble que oui. Je pense que les compétences et expériences sont mieux valorisées. Aussi le domaine de la finance reste l’un des secteurs qui rémunère le mieux. Lesjeudis.com : Au vue du contexte actuel dans le secteur de la finance, êtes-vous inquiet pour l’avenir de votre activité ? Laurent Sicard : Non, je ne suis pas tellement inquiet pour le secteur de la santé. La crise des subprimes qui concernait au départ les prêts à risques s’est aujourd’hui étendue aux marchés de changes et bien sûr à l’immobilier. Alors que les indices réalisent des chutes de 15 à 30% sur les marchés boursiers en Europe et aux US depuis le début de l’année, le marché de la santé, lui, n’est pas impacté de la même manière par la conjoncture et se maintient à +3%. On pourrait justifier cette situation par le contexte global de vieillissement de la population mondial et donc des besoins croissants en soins médicaux et médicaments. Je pense que les personnes préfèrent rogner sur leur budget immobilier que sur leur budget santé. D’une manière plus générale, je pense que les budgets IT des sociétés financières vont être revus à la baisse mais cette industrie reste, dans l’absolu, très consommatrice des technologies de pointe. |